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Les funérailles chrétiennes au Burkina Faso : état des lieux et inculturation

Le travail qui nous a été demandé mérite d’être d’abord défini puis circonscrit. Dans l’acception courante, quand on parle de funérailles chrétiennes, nous voyons le phénomène qui s’est développé ces 20 dernières années et qui consiste à célébrer la mémoire de ceux qui sont décédés, quelques temps après l’enterrement, et suivant un calendrier déterminé.

Compris dans ce sens, peut-on parler des funérailles chrétiennes au Burkina Faso ? Oui et non. Oui, parce que des chrétiens célèbrent des funérailles de chrétiens un peu partout sur toute l’étendue du territoire. Non parce qu’il n’existe pas de normes établissant ces célébrations et valables pour toute l’Eglise au Burkina Faso. Dans les TDR il est question d’un décret de 2004 allant dans ce sens mais dont nous n’avons pas connaissance. Alors, partant de la deuxième partie du thème, à savoir « état des lieux et inculturation » concernant la célébration des funérailles au Burkina, nous vous proposons de situer d’abord la question et de circonscrire ensuite notre champ de réflexion, en partant de l’expérience de l’Archidiocèse de Ouagadougou qui a été dans un premier temps élargi à la Province ecclésiastique de Ouagadougou, et qui aujourd’hui interroge toute l’église du Burkina. 


I    I. SITUATION DE LA QUESTION 

1. Un contexte d’abord marqué par la non prise en compte de la culture locale 

Nous lisons dans Sel et lumière du monde. (Lettre Pastorale post-synodale de Son Excellence Monseigneur Jean-Marie U. COMPAORE, Archevêque de Ouagadougou, juin 1999, n° 23, p. 25-26.) ce commentaire très éclairant : « Les premiers missionnaires, dans leur évangélisation, ne se sont point embarrassés d’inculturation quand cela les gênait ou risquait d’altérer ‘le nouveau chemin de Dieu’ qu’ils avaient apporté. De plus, confondant en général le christianisme avec leur propre culture, ils ont déprécié la culture de ceux qu’ils convertissaient au Christ. Ils n’ont pas hésité quelquefois, dans leur ignorance de cette culture, à jeter sur elle l’anathème et à chercher à la détruire, alors qu’elle constitue la trame de la personnalité de ces nouveaux adeptes du Christ. Elle devait être prise en compte. Dès lors, on ne s’étonnera pas que la religion chrétienne ait été considérée, dans les faits, comme une religion importée et dangereuse pour la culture locale. 
C’est ainsi que catéchumènes comme chrétiens, ont été invités à abandonner systématiquement les pratiques coutumières considérées comme fausses croyances ‘têeb-ziri’ et cela sans éclairage doctrinal suffisant ». 

2. L’événement déclencheur de la réflexion sur l’inculturation des funérailles chrétiennes 

Un évènement viendra cependant bousculer les choses et ouvrir la réflexion sur la question. Il s’agit de la mort du Pape Saint Jean XXIII le 3 juin 1963. C’est le Pape qui a convoqué le Concile Vatican II, ce Concile qui a fait souffler un vent nouveau sur l’Eglise. En effet, à sa l’annonce de sa mort, il a été organisé à Ouagadougou, les 15 et 16 juin 1963, ce qui est connu sous l’appellation de « Pape Jean XXIII kùùre » ou encore, les funérailles du Pape Jean XXIII. Dès lors, la brèche était ouverte, et l’histoire, nous la connaissons. Mais avant d’y arriver, un petit exercice de clarification terminologique. 

3. Précisions terminologiques 

Dans le Code de Droit Canonique de 1983, il est question des « funérailles ecclésiastiques » aux canons 1176 à 1185. Par funérailles ecclésiastiques, il faut entendre funérailles chrétiennes. Ici, nous notons donc que dans la tradition de l’Eglise, quelque chose existe, pour toute l’Eglise, et cela est régi par des textes et des rites.

Mais quand on parle de funérailles ou de « kùùre » en moore, il importe de savoir de quoi on parle. En français on parle de funérailles (exsequia), d’obsèques (obsequia) et de requiem (requies). Lorsqu’on parle d’obsèques, on désigne une cérémonie qui se déroule en l’honneur d’un mort lors de l’inhumation ou de la crémation. (On peut aussi ajouter l’aquamation qui consiste à la dissolution du corps par l’eau). C’est donc la cérémonie qui accompagne l’enterrement. Le terme funérailles désigne les prières organisées pour une personne décédée ainsi que tous les honneurs qui lui sont manifestés. Il diffère des obsèques qui regardent surtout tout ce qui relève des célébrations pour l’enterrement d’un défunt. Partant de cette distinction, nous notons que de façon basique, quand on parle d’obsèques, il s’agit de ce qui se fait afin de procéder à l’enterrement alors que dans les cas des funérailles, ce n’est pas forcément lié à l’enterrement qui peut avoir déjà eu lieu ou qui ne se passe pas sur place.

En Moore, c’est le même terme qui est utilisé (kùùre) et on distingue le kù-maasre (obsèques) du kùùre (funérailles). En plus de ces deux termes, il y a le requiem (messe de requiem) qui est une messe célébrée en souvenir du défunt et pour le repos de son âme. 
Ce qui a été célébré à Ouagadougou les 15-16 juin 1963, ce n’était pas les obsèques du Pape Jean XXIII dont le corps était à Rome et où l’enterrement a eu lieu. Ce n’était pas non plus une messe de requiem pour que le Pape repose en paix (requies). C’étaient des prières et des honneurs organisés en sa mémoire. Ce sont donc des funérailles (kùùre). A partir de cet événement daté et situé va se poser la question de la célébration du kris-ned kùùre ou funérailles chrétiennes. Quand on sait que dans un premier temps les missionnaires l’avaient occulté, et que par concours de circonstances, pour honorer le Pape Jean XXIII, une brèche a été ouverte, on comprend alors tous les efforts qui vont se déployer par la suite dans ce sens. 

4. L’inculturation, une nécessité inhérente au mystère de la rédemption 

La réflexion sur la question a des visages. Et parmi ces visages, je voudrais me contenter de citer l’Abbé Robert OUEDRAOGO, de vénérée mémoire. Nous lui devons beaucoup, en matière de catéchèse pour nous situer dans le monde nouveau de Jésus à partir duquel nous devons réévaluer le sens de nos conception ancestrales de la vie et de la mort afin de célébrer désormais les funérailles chrétiennes dans l’esprit même du Christ. Il s’agit tout simplement de l’inculturation.

« L’inculturation est un grand mot qui désigne les efforts que fait l’Eglise pour insérer le message de l’Evangile dans les cultures des peuples : telles leurs modes de vie, leurs modes de penser et d’organiser la famille et leur société, etc. Elle est ure prise en charge ici et maintenant par Jésus le Christ : de la personnalité, de l’être et de l’existence de celui qui croit en Lui » (Cf. Ecclesia in Africa, n° 60-61). 

5. Les efforts d’inculturation et d’harmonisation 

A l’orée du Grand Jubilé de l’an 2000 et dans la dynamique suscitée par le Synode sur l’Afrique en 1994, l’Archidiocèse de Ouagadougou a organisé sa première assemblée synodale en 1998. Dans l’exhortation synodale, revenant sur ce qui concerne la mort et les funérailles, le document note que les baptisés rencontrent beaucoup de problèmes à vouloir respecter et honorer les coutumes et les traditions. Mais il insiste que l’heure n’est plus au rejet en bloc des traditions culturels mais à leur assomption dans la foi chrétienne. C’est pourquoi il a été mis en place une commission pour réfléchir sur la célébration catholique de la « Maladie – Mort – Funérailles ». Une autre commission est mise en place pour sur la question du « kùùre ». Enfin, une troisième commission avait pour but de faire l’inventaire des travaux de recherche effectués sur les différents thèmes afin de les approfondir.

C’est ainsi que naitra le premier document en avril 2001 : « Kris-ned bayir kuilbu ». Dans la préface, il est écrit qu’il s’agit d’une nouvelle dynamique. Même si certaines questions sont encore à approfondir, la nouvelles dynamique part de ce qu’il y a de positif dans la culture mooaga. Il précise aussi ce qui n’est pas compatible avec la foi chrétienne. Enfin, il apporte des précisions concernant des cas particuliers comme les mort violente ou accidentelle.

Ce document signé par l’Archevêque de Ouagadougou, dans le contexte culturel moaaga va trouver un écho au-delà de l’Archidiocèse de Ouagadougou. En effet, avec la création des Provinces Ecclésiastiques en 2000, une nouvelle dynamique est en marche dans l’Eglise. 
La Province ecclésiastique de Ouagadougou compte 4 diocèses que sont Manga, Ouahigouya, Koudougou et Ouagadougou. L’archidiocèse de Ouagadougou, malgré son caractère très cosmopolite, s’étend presqu’exclusivement sur l’aire géographique et culturelle moaaga. Par contre les 3 diocèses suffragants sont marqués par la diversité. Dans le Diocèse de Koudougou, outre les Moose, il y a les Liélé et les Numi. Dans le Diocèse de Manga, outre les Moose, il y a le Kasena et les Bissa. Dans le Diocèse de Ouahigouya, outre les Moose, il y a les Foulsé, les Rimaïbes, les Peuls. Si on s’amuse à faire le total, on peut dire que la Province ecclésiastique de Ouagadougou connait au moins 8 réalités culturelles bien distinctes, donc une variété de rites culturel. Comment l’effort d’inculturation et d’harmonisation s’envisage-t-il dans un tel contexte marqué par la diversité ? Ce sera à partir d’un principe bien connu en philosophie, en partant du particulier pour aller à l’universel, ou du particulier vers « l’universable ».

C’est ainsi que certaines questions vont désormais être traitées à cette échelle, en l’occurrence la question des funérailles et du mariage. Pour ce qui concerne la question des funérailles, partant du document d’avril 2001, les évêques de la Province l’adopte en 2008, moyennant quelques révisions, pour toute la Province ecclésiastique, mais toujours sous le titre de : « Kris-ned ba-yir kuilbu ».

Ce document sera complété en mars 2016 par un troisième document uniquement consacré aux veillées de prière pour les grand-messes de requiem et intitulé : « Krisned bayir lebr têegr pùùs-n-sôse ».

II. ETAT DES LIEUX 

Cet état des lieux concerne la Province ecclésiastique de Ouagadougou. En effet, elle a tenu une rencontre d’évaluation en novembre 2021 à Ouagadougou. L’évaluation était basée sur un questionnaire en 7 points : 

1- Le rituel proposé pour la célébration des funérailles chrétiennes répond – il aux attentes ?

2- Le regroupement : l’objectif visé par le regroupement qui était de favoriser des célébrations communautaires et non des occasions de démonstration individuelle de puissance économique est-il atteint ?

3- L’esprit : l’objectif visé qui était de mettre en exergue l’esprit d’Église famille et de communion est-il atteint ?

4- Les périodes retenues : les périodes retenues du 02 novembre au 1er dimanche de l’A vent, du baptême du Seigneur au début du temps de carême et du dimanche de la divine miséricorde à l’Ascension sont-elles convenables ?

5- Les jours retenus : les jours retenus (veillée de prière le vendredi soir et la célébration eucharistique le samedi matin) sont-ils convenables ?

6- Face au décès d’un chrétien en situation irrégulière, que retenir et que faire ?

7- Perspectives : quelles autres propositions faisons-nous pour la suite ? 

Voici la synthèse des réponses : 

1. Le rituel proposé pour la célébration des funérailles chrétiennes répond-il aux attentes ? 

A cette première question, tous les diocèses ont répondu par l’affirmative. En effet, le fascicule est bien suivi par les agents pastoraux. Son contenu est bon et il y a assez de précisions. Il est bien adapté et répond aux attentes. Toutefois, on devrait tenir compte de quelques difficultés que présente le rituel :

- Il y a une ignorance de l’existence d’une nouvelle édition du fascicule. Cette ignorance est due à l’épuisement rapide du stock, à la non transmission du document quand il y a le départ d’un curé et la nomination d’un autre, à l’arrivée de nouveaux agents pastoraux dans le diocèse.

- Certains pasteurs ne suivent pas le rituel parce qu’il est non seulement couteux mais surtout moins fourni que l’édition 2008 issue de l’Assemblée de Ouahigouya.

- Il manque dans le rituel une prière de bénédiction des croix.

- Dans le rituel intitulé « Krisned bayir kuilbu », on relève un manque d’oraison de prière sur les offrandes.

- Il serait bien d’expliquer la quête au cimetière.

- En ce qui concerne le rituel intitulé « veillée de prière pour les grand-messes de requiem », on note que la quête lors des messes de requiem a besoin d’être expliquée. 

2. Le regroupement : l’objectif visé par le regroupement qui était de favoriser des célébrations communautaires et non des occasions de démonstration individuelle de puissance économique est-il atteint ? 

L’objectif visé est partiellement atteint. En effet, des diocèses reconnaissent que le regroupement a favorisé des célébrations communautaires dans un esprit d’Eglise- Famille. Toutefois, le constat dans tous les diocèses est que cela n’empêche en rien des démonstrations individuelles de puissance économique lors de la célébration des funérailles. Les familles ne semblent pas être soucieuses quant aux grandes dépenses et il y a même des concurrences entre elles : décorations, uniformes, cartes d’invitation et de faire-part de grand prix, grands festins...

Donc l’objectif visant à éviter les célébrations en pompe n’est pas atteint.

- Au même moment, on remarque malheureusement des tiraillements quand des funérailles se célèbrent aussi bien dans la famille que dans la belle-famille. On constate aussi des familles insatisfaites lorsque l’on délocalise les célébrations à un endroit autre que le lieu de résidence du défunt.

- Beaucoup veulent rester dans leurs villages et refusent de se déplacer. La raison couramment avancée est que le défunt appartient à une famille et à son village. 

Le but visé par le regroupement n’est pas suffisamment perçu et accepté.

3. L’esprit : l’objectif visé qui était de mettre en exergue l’esprit d’Église famille et de communion est-il atteint ? 

On note que dans l’ensemble, l’esprit de famille et de communion est visible. Beaucoup de chrétiens font des efforts pour oeuvrer à cette communion ecclésiale. Les funérailles sont également des occasions de réconciliation dans les familles. Cependant, il y a quelques difficultés : 
- Le regroupement dans les centres pose toujours problème. Il y a de moins en moins de participants à la veillée et à la messe.

- On rencontre des fidèles qui contournent cet esprit d’Eglise famille et de communion pour faire autres choses. Ainsi on rencontre parfois des funérailles déguisées (des bénédictions de tombes et des anniversaires de décès avec mobilisation de chorales et organisations de manifestations festives d’envergure).

- L’aspect festif l’emporte bien de fois sur la prière et les salutations se prolongent jusqu’au dimanche ou lundi.

- Certaines familles retardent les funérailles dans l’attente de rassembler suffisamment de fonds.

- On remarque également un écartèlement entre célébrations et salutations de plusieurs grand-messes de requiem le même jour, ce qui fait courir toute la journée de famille en famille pour les salutations. 

4. Les périodes retenues : les périodes retenues du 02 novembre au 1er dimanche de l’Avent, du baptême du Seigneur au début du temps de carême et du dimanche de la Divine Miséricorde à la veille de la Pentecôte sont-elles convenables ? 

Il y a une grande satisfaction quant aux périodes retenues pour la célébration de funérailles. Elles sont bien étalées dans l’année liturgique et donnent ainsi une liberté de choix qui favorise les mobilisations humaines, financières et matérielles.

5. Les jours retenus : (veillée de prière le vendredi soir et la célébration eucharistique le samedi matin) sont-ils convenables ? 

Les diocèses reconnaissent à l’unanimité que les jours retenus sont convenables et assez éducatifs chrétiennement. Au niveau social, le samedi favorise les déplacements et les rassemblements. Mais notons une difficulté :

Il y a des gens qui, par manque de temps, par principe ou sous l’influence de la tradition, optent d’aller saluer les familles le dimanche, c’est-à-dire le lendemain des messes de requiem. Cela occasionne des dépenses supplémentaires.

Les fidèles ont assumé les jours retenus, mais la célébration dure quelque fois jusqu’au dimanche et même le lundi.

6. Face au décès d’un chrétien en situation irrégulière, que retenir et que faire ?

De manière consensuelle, les diocèses proposent qu’en cas de décès d’un chrétien en situation irrégulière, il n’y ait pas pour lui une messe d’enterrement ni à domicile ni à l’église. Des mesures pastorales sont proposées et nous les répertorions ici dans leur diversité.

- Observer les normes du Droit Canon pour les « apostats », les « hérétiques ».

- Voir le cas spécifique des polygames.

- Un catéchiste pourra présider la prière d’enterrement au domicile du défunt

- Faire des demandes de messe pour le repos du défunt

- Concevoir un rituel adapté pour que la prière soit faite de manière convenable.

- Il serait bon aussi de déterminer clairement ceux qui sont habilités à diriger la prière : un membre de la famille ? Le responsable de la CCB ? Un catéchiste ? Un religieux ? Un prêtre ? La pratique diffère d’une localité à une autre et quelquefois c’est embarrassant.

- Il peut y avoir une veillée et la prière d’absoute présidée par les responsables de la CCB et non un catéchiste. Et si un prêtre (issu de la famille ou pas) est présent à une telle célébration, il se gardera de la diriger. Cependant, il pourrait bénir et renvoyer l’assemblée en présence. C’est une mesure pastorale et pédagogique.

- Pour la demande de messe : citer le nom du défunt.

- Pour les polygames qui ont reçu la bénédiction, nous proposons qu’il leur soit accordé un enterrement en bonne et due formes.

- Permettre aux catéchistes et responsables de communautés de faire la prière pour ceux qui vivaient dans le concubinage et ont donné un bon témoignage de vie.

- Traiter les situations irrégulières selon les cas ; c’est-à-dire tenir compte de la gravité de la situation irrégulière de la personne et l’engagement de la personne. 

7. Perspectives : quelles autres propositions faisons-nous pour la suite ? 

- De plus en plus, beaucoup de chrétiens demandent des prières de levée de deuil comme certains diocèses le font. Il y a donc lieu de faire une réflexion communautaire et proposer des solutions face à ces cas pastoraux.

- Editer le document sous formant livre contenant tous les aspects qui concernent la fin de vie (levée du corps, obsèques, absoute, veillée de prière et célébration des funérailles chrétiennes…)

- Quelques-uns suggèrent de réfléchir à ramener la veillée au samedi et la messe le dimanche, non pas parce que d’après la tradition le samedi n’est pas un jour « faste », mais pour mieux maitriser le temps que dure les célébrations des grands-messes de requiem.

- Intensifier les sensibilisations pour un témoignage authentique de la vie chrétienne.

- Des aménagements pourraient être faits par paroisse, surtout dans les paroisses urbaines pour éviter au maximum d’étaler les célébrations sur toute la période.

- Trancher sur la question des troupes traditionnelles (chants et danses) que certaines familles invitent aux funérailles ecclésiastiques : faut-il les admettre ou pas ?

- La grande majorité des rapports demandent de rappeler avec force que la grand-messe de requiem n’est pas une obligation pour le chrétien. Les demandes de messes par contre oui, autant qu’on peut le faire. Evaluer et recadrer donc sur l’essentiel en sensibilisant sur la non obligation de la célébration dans la formule actuelle car certains se croient obligés de le faire ;

- Faire de la messe d’enterrement la grand-messe de requiem et n’autoriser que des demandes ordinaires de messes ou des messes d’anniversaire sans festivités. Pour commencer, et conformément aux dispositions liturgiques, les prêtres et les religieux/ses donneront l’exemple : leur messe d’enterrement tiendra lieu de grand-messe de requiem et on demandera aux familles d’accepter et de respecter cette disposition comme ultime preuve du don total de leur fils/filles à l’Eglise ;

- Promouvoir l’usage, dans la cour du défunt, des chants chrétiens (d’inspiration biblique) qui non seulement peuvent être dansés, mais surtout peuvent remplacer l’animation par les chants traditionnels ;

- Ne permettre les festivités que quand il s’agit de personnes âgées et s’en tenir seulement à la messe quand il s’agit de défunts jeunes.

- Réglementer les bénédictions de tombes et les anniversaires de décès pour qu’ils ne soient pas des occasions de célébrations déguisées de funérailles.

- Poursuivre la sensibilisation sur la sobriété et sur le sens des funérailles chrétiennes ;

- Pour les témoignages, choisir un membre de la CCB plutôt que de la famille pour éviter les témoignages élogieux, sentimentalistes et loin de la réalité. Pour aller plus loin, proposer un schéma pour aider ceux qui doivent témoigner, à formuler un discours bien articulé sur l’essentiel et qui ne se perdent pas dans du sentimentalisme élogieux ;

- Approfondir la catéchèse sur les cas des morts dites violentes ou « rouges » : point d’attention méritant examen approfondi ;

- Prendre en compte la situation des veuves et des orphelins, notamment la question de l’héritage, dans la célébration des funérailles chrétiennes. Dans de nombreux cas, les veuves n’ont pas droit à la parole et ne sont pas consultées ;

- Réfléchir à une plus grande inculturation des funérailles chrétiennes (comme cela a été fait pour le mariage). En effet, on a quelque fois l’impression que nous célébrons 17 « Duc in Altum : Unis dans l’Amour, annonçons Jésus-Christ » n°161

La tradition est « un processus par lequel se constitue une expérience vivante et adaptable ». Quand on sait que la tradition, c’est paradoxalement ce qui se transmet, et donc susceptible d’évolution, et non pas ce qui est fixe, donc intouchable, alors on comprend que le débat est loin d’être terminé.

Ouagadougou, 16 octobre 2022 
Abbé Alfred OUEDRAOGO

 

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